Faut-il toujours plus de croissance ?

Publié le 20 décembre 2007, mise à jour le 4 octobre 2008
par fbses
Mathieu Girard, TES2, 2007-2008

Nicolas Sarkozy veut aller chercher « ce point de croissance qui nous manque » pour que l’économie française progresse au même rythme que les autres économies avancées. Paradoxalement, on assiste dans un même temps au développement de la notion de décroissance...

La croissance caractérise une augmentation soutenue, pendant une longue période, de la production d’un pays. Ce phénomène reste quantitatif, généralement, on retient comme indicateur de la croissance le PIB à prix constants. Le P.I.B. est un agrégat de comptabilité nationale dont la construction, comme celle de tous les indicateurs, n’est pas sans poser des problèmes d’interprétations. De ce fait, la croissance économique ainsi mesurée n’est peut-être pas complètement fidèle à ce qui se passe dans la réalité et les comparaisons que l’on fait entre les pays peuvent aussi être faussées ou biaisées. La notion de croissance s’oppose à celle de décroissance, qui, étant d’avantage un slogan politique qu’un concept, est difficile à définir. C’est selon S. Latouche dans Le pari de la décroissance, « Une bannière derrière laquelle se regroupent ceux qui ont procédé à une critique radicale du développement et qui veulent dessiner les contours d’un projet alternatif pour une politique de l’après développement. » La croissance est sans conteste source de nombreux bienfaits, comme le progrès technique ou le développement. Toutefois, les partisans de la décroissance dénoncent et définissent la croissance comme intenable pour la simple raison qu’une « croissance infinie dans un monde fini » n’est pas possible. En effet l’exploitation actuelle des ressources ne peut perdurer car celles-ci sont à la limite de l’épuisement. Les deux chocs pétroliers et le ralentissement sensible de la croissance qui caractérisent les années 80-90 ont fait passer cette inquiétude au second plan, mais le discours a été repris par tous ceux qui de près ou de loin font de l’écologie une question politique.

Dans quelle mesure la croissance économique, bien que favorable sur de nombreux points, est-elle souhaitable à notre époque ?

Dans un premier temps, nous étudierons les bienfaits apportés par la croissance et sa recherche continue, puis dans un deuxième temps, nous montrerons les failles de la recherche continue de la croissance, ainsi que de la croissance elle-même.


En premier lieu, la recherche continue de croissance a des bienfaits.

Relevons d’abord que la recherche de croissance est ancrée dans notre système.

Nos sociétés contemporaines sont fondées sur le profit qui lui même prend ses sources dans le capitalisme.Selon Karl Polanyi (La Grande Transformation, Aux origines de notre temps, 1944), l’Occident a connu depuis la fin du XVe siècle, une généralisation des relations de marché. Il note la prépondérance de celles-ci sur les relations traditionnelles, basées par exemple sur le don, le travail collectif … Le dogme du marché autorégulé s’impose alors à la Grande-Bretagne (et par la suite au Royaume-Uni), et est complété par de nouvelles mesures qui vont former un système cohérent propice à l’expansion d’une idéologie capitaliste.

Dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Max Weber propose de comprendre l’organisation capitaliste de l’économie à partir de l’analyse de la religion protestante. Il démontre que les motivations psychologiques ont constitué un facteur essentiel du triomphe du capitalisme moderne. Les convictions religieuses se sont en effet révélées un puissant levier pour la recherche rationnelle du profit. Or, la maximisation des profits entraîne une recherche constante de croissance. Celle ci doit, pour les Etats servir la population par le biais de la croissance de quantité de biens et de services produits et des revenus, ceci étant la condition du progrès de la société. Sans cela le système ne survivrait pas. (Doc 1). La recherche de croissance est donc ancrée dans notre système, ete elle lui est nécessaire.

En effet, la croissance contribue à l’augmentation du niveau de vie et au développement

La croissance économique est un processus engagé depuis plus de deux siècles. La politique des différents gouvernements y porte une attention particulière car la croissance détermine le niveau de vie des populations. Il faut rappeler que l’indicateur mesurant la croissance économique est le PIB, chiffre qui par comparaison au précédent est sensé donner le taux de croissance annuel du P.I.B. .La croissance permet d’améliorer le niveau de vie.

Elle contribue plus précisément à vaincre la pauvreté de deux manières. Tout d’abord, elle augmente directement le revenu moyen des ménages. Dans l’histoire économique, la croissance ainsi souvent permis aux populations démunies de s’élever au dessus du seuil de pauvreté. La croissance des 30 glorieuses et les taux de croissance des années 90 et 2000 ont permis l’accès au plus grand nombre à la consommation de masse. En effet, en 2005, 98,9% des ménages Français possèdent un réfrigérateur, et 94,8% une télévision couleur (doc4). Le confort des habitants s’est donc amélioré. Selon les lois d’Engel, l’augmentation du pouvoir d’achat a permis aux ménages, une fois les besoins primaires satisfaits (besoins essentiels à la survie. Exemple : boire et manger), de se consacrer aux besoins secondaires (besoins plus futiles au sens de non nécessaires. Exemple : pour certains, fumer). De plus en plus de ménages ont accès à la propriété et le nombre de logements sociaux s’est accru. Les bas salaires ont bénéficié d’une augmentation régulière due au SMIC.

C’est lorsque les inégalités de revenus initiales sont faibles que la croissance économique réduit le plus la pauvreté monétaire. (Doc 3). Cette croissance agit aussi de manière indirecte : elle diminue la pauvreté non monétaire en augmentant les revenus de l’Etat, et en permettant ainsi d’accroître les investissements publics en faveur de l’éducation, des infrastructures de base, de la lutte contre les maladies et de la santé. En plus d’atténuer la pauvreté non monétaire, ces investissements accélèrent la croissance économique en relevant la qualification et la productivité de la main d’œuvre – et donc les revenus marchands des pauvres-. La croissance permet donc d’améliorer le capital humain. Certains pays pauvres ont réalisé des progrès spectaculaire dans l’éducation et la santé en élevant ces domaines au rang de priorités. Néanmoins, seule la croissance peut pérenniser ces progrès, car tôt ou tard, dans une économie en stagnation, le déficit budgétaire finit par éclipser les autres considérations. L’investissement public au service des populations pauvres stimule donc la croissance économique, qui de son côté confère un caractère durable à ces investissements.

Par ailleurs, la croissance bénéficie au marché du travail. Entre 1997 et 2001, on estime la création d’emploi en France à un peu plus d’un million de personnes, liée directement aux effets de la croissance économique (avec un taux de croissance dépassant les 3%, les entreprises ont dû pour satisfaire la demande soutenue, embaucher et faire appel aux heures supplémentaires). Comme la demande augmente cela pousse les entreprises à créer des emplois et à produire plus de richesses qui seront mieux réparties par l’Etat-Providence. Plus de trois millions d’emplois ont ainsi été créés entre 1950 et 1997 . Il faut cependant que la croissance soit importante et qu’elle dure : elle doit compenser les gains de productivité, et une croissance limitée dans le temps n’encourage pas les entreprises à créer des emplois. La croissance doit assurer à l’économie nationale de respecter ses équilibres grâce à l’intensification des échanges (balance du commerce extérieur excédentaire : lorsque les exportations sont supérieures aux importations).

La croissance permet aussi, par les prélèvements obligatoires perçus sur les revenus des ménages et des bénéfices des entreprises, de réduire le déficit budgétaire et de financer par la redistribution la protection sociale, source de stabilité sociale. La croissance, qui s’appuie sur des investissements productifs faisant appel au progrès technique, permet de produire et de commercialiser des produits et services à forte valeur ajoutée (qualité, flexibilité, innovation et productivité sont les composantes de la compétitivité). Cette compétitivité favorise les échanges internationaux, attirent les investissements étrangers qui ont confiance en un pays avec une croissance élevée (les capitaux étrangers viennent financer l’économie). Cela permet aux entreprises de mieux rémunérer leurs salariés, ce qui accroît la propension à consommer et à épargner.

Enfin, la croissance a favorisé la recherche dans les domaines de la santé, de la construction, des transports, des technologies de l’information, de la formation permettant aux entreprises de bénéficier à la fois d’infrastructures et de main-d’œuvre qualifiée et en bonne santé. Ceci attire les investissements étrangers qui viennent implanter leurs entreprises sur le territoire national.

La croissance participe donc au développement et à l’élévation du niveau de vie.

La croissance peut ainsi s’inscrire dans un cercle vertueux ; néanmoins elle est aussi la cause de dysfonctionnements. Faut-il chercher à tout prix à augmenter et à accélérer la croissance économique indéfiniment, le pourra-t-on, même ?

En second lieu, la recherche constante de croissance économique a des limites

D’abord, la croissance à un impact sur l’environnement

La croissance actuelle épuise les ressources non renouvelables en matières premières et en énergie et rejette en quantités grandissantes des déchets qu’elle ne sait pas traiter. Ce ne sont pas seulement les écologistes qui le disent. Tous les experts soulignent les dangers que nous faisons courrir à notre planète dans un avenir relativement proche en maintenant notre modèle de croissance.

Une croissance est « soutenable » si elle est acceptable par tous à court terme et durable dans le long terme, c’est-à-dire ne mettant pas en danger les conditions de la croissance future. Cette croissance soutenable, c’est aussi ce que de nombreux hommes politiques et le P.N.U.D. appellent le « développement durable ». Il s’agit d’un développement qui satisfait les besoins de chaque génération, sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs » (Rapport Brundtland, « Notre avenir à tous », 1987). On insiste donc sur la prise en compte des besoins des générations futures pour limiter et encadrer notre croissance actuelle. Ce n’est donc pas le « plus possible tout de suite » que l’on vise mais le plus possible compte tenu de deux exigences : satisfaire les besoins essentiels de tous et protéger les générations futures en leur laissant une planète qui pourra satisfaire leurs besoins essentiels. Le développement durable est donc un compromis entre trois contradictions fondamentales : les intérêts des générations actuelles en face de ceux des générations futures, les intérêts des pays industrialisés et ceux des pays en développement, les besoins des êtres humains et ceux de la préservation des écosystèmes.

Comment imposer les exigences du développement durable aux pays et aux entreprises (et même aux consommateurs, en particulier dans les pays développés) ? C’est une question éminemment politique. Face à l’augmentation de la consommation des ressources non reproductibles et l’accroissement de l’émission du gaz à effet de serre, des conférences internationales se réunissent périodiquement pour essayer de traiter ces questions. Mais leur succès est tout relatif. Le protocole de Kyoto (1997), par exemple, qui a été signé par bon nombre de pays et qui vise à limiter l’émission de gaz à effet de serre est encore à peine mis en vigueur. Pourtant, « pour stabiliser les perturbations apportées à l’atmosphère, il faudrait diviser par 2 ou 3 les émissions mondiales de gaz. Or celles-ci continuent d’augmenter ! » (D. Plihon, « Le développement durable : le défi du XXI° siècle », Ecoflash n°176, mars 2003). Les Etats-Unis, qui sont les premiers mondiaux en terme de rejet de CO2 (19,7 tonnes par habitant en 2OO3), ont refusé de l’appliquer en ce qui les concerne. Cela signifie que, pour le moment, il n’y a pas d’autorité mondiale capable d’imposer que soient prises en compte les nécessités du développement durable. De plus, ce sont les pays ayant le plus d’influence sur le plan mondial qui polluent le plus, donc une minorité de pays produit la majeure partie de la pollution mondiale ; la moyenne mondiale étant de 4 tonnes de CO2 par habitant en 2003 (Doc 2). De plus, la Chine qui en 2003 émettait 2,9 tonnes de CO2 par habitant, ayant une forte croissance oit son émission de CO2 croître d’autant plus. (9% en 2005)

La croissance peut donc nuire à l’environnement.

Enfin, croissance économique ne remplit pas toujours son rôle sur le plan économique.

Accroître toujours plus le PIB, cela a-t-il toujours un sens ? Quand on pose la question ainsi, il y a en fait quelque chose qui est sous-entendu : du sens ... de quel point de vue ? En réalité, la question qui se pose est de l’ordre du jugement : un pays, une société font-ils bien de chercher à obtenir la croissance la plus rapide possible ? Autrement dit, plus de croissance est-ce plus de bien-être, des progrès équitablement répartis entre les membres de la société, par exemple ? On se rapproche donc de la question du développement (déjà rapidement abordée)

On peut remarquer qu’un certain nombre d’éléments permettent de penser que plus de croissance, ce n’est pas forcément « mieux ». La croissance a des effets négatifs appelés aussi externalités : on inclut dans le P.I.B. tout ce qui est produit mais on ne se demande pas pourquoi on a dû fabriquer cette production. Résultat : plus les gens fument, par exemple, plus le P.I.B. augmente. En effet, d’une part, on produit plus de tabac ; d’autre part, la quantité de médicaments et d’appareils d’examen qu’il faut produire et le nombre de consultations médicales augmentent (le tabagisme augmentant, le nombre de cancers du poumon aussi). Au total, la production augmente donc beaucoup. Est-ce un progrès ? Ce raisonnement peut être fait sur pas mal d’exemples (les accidents de la route, la pollution, etc.) car il faut réparer les dégâts et donc produire davantage. D’autre part, on vient de le voir, la croissance épuise les ressources non renouvelables de la planète.

Par ailleurs, le P.I.B. est un indicateur économique, mais il n’inclut pas un certain nombre d’activités essentielles pour le maintien des solidarités entre les membres d’une société, en particulier des services. La richesse d’une nation, est-ce seulement les richesses matérielles qu’elle réussit à produire ? C’est un peu ce que laisse croire le calcul de la croissance à partir du P.I.B. Mais n’est-ce pas aussi l’état de santé (y compris mentale) de la population, son niveau d’instruction, la qualité des rapports sociaux entre les membres de la société, ou d’autres éléments ? Le problème est que ces éléments ne se laissent pas facilement mesurer. Pourtant on sait bien que la qualité de la vie est aussi importante que la quantité de biens dont on dispose (mais les deux ne sont pas indépendants l’un de l’autre, évidemment). Le P.I.B. n’est pas un indicateur de bien-être.

« LE PIB NE FAIT PAS LE BONHEUR » titrait un article d’Alternatives économiques (hors série « les chiffres de l’économie 2008 ») : le PIB n’est pas un indicateur de bonheur et de bien être. Il en apporte par la production de biens et de services marchands, mais pas moins que la famille, le lien communautaire, la vie amoureuse, les amis et la satisfaction au travail contribuent au bonheur. D’autres facteurs participent au bien être comme les temps libres, les activités non marchandes, le capital physique et humain (santé, éducation et environnement tandis que d’autre participent au mal être comme les inégalités, le chômage et l’insécurité.

La croissance économique ne signifie donc pas forcément développement. Et si l’on veut parler de développement, sans doute vaut-il mieux utiliser l’I.D.H. (Indice de développement humain) comme indicateur ainsi que le fait le Programme des Nations Unies pour le Développement (P.N.U.D.). Or, le classement des pays selon l’I.D.H. ne donne pas le même résultat que celui selon le P.I.B. par habitant : Suède et Norvège sont pratiquement à égalité pour l’I.D.H. (au premier rang mondial) puisque l’I.D.H. de la Norvège atteint 0.942 et celui de la Suède 0.941. Pourtant il y a un écart de plus de 5000 dollars par habitant entre les deux pays pour le P.I.B. par habitant, ce qui est loin d’être négligeable. De même, les Etats-Unis, avec un P.I.B. par habitant élevé, le plus élevé du tableau, ne sont qu’au 6èmerang pour l’I.D.H.. A l’autre bout de l’échelle, on observe que la Chine avec un P.I.B. par habitant inférieur à la moitié de celui de l’Afrique du Sud est mieux placée qu’elle pour l’I.D.H. (cela s’explique en particulier par une espérance de vie à la naissance beaucoup plus élevée en Chine, 70,2 ans, qu’en Afrique du Sud, 52,1 ans). Donc plus de croissance n’amène pas forcément à l’amélioration des conditions de vie dans un pays.

On peut encore souligner que le P.I.B. par habitant n’est qu’une moyenne statistique.Comme toutes les moyennes, il gomme les disparités. Savoir qu’un pays a augmenté son P.I.B. de 3% dans l’année ne nous dit rien sur ce que l’on a fait de cette augmentation. C’est ici la question de la répartition des richesses produites qui est posée. Sur le plan du mode de vie, des relations sociales, du bien-être général, il n’est pas indifférent que cette production supplémentaire soit accaparée par quelques uns ou répartis sur l’ensemble de la population. On est alors ramené au paragraphe précédent : si la Suède ou les pays nordiques en général se classent si bien pour l’I.D.H., c’est parce que le choix a été fait, dans ces pays, de privilégier les dépenses collectives (éducation, santé) qui profitent à tous et de limiter les inégalités de revenus. Ce n’est évidemment pas le choix fait par les Etats-Unis où le revenu par tête, qui est une moyenne, cache de grandes disparités. Donc dans les pays inégalitaires, la croissance ne réduit pas la pauvreté mais l’accentue car la croissance ne bénéficie qu’à une minorité. (Doc 3).

La croissance économique est également un enjeux géopolitique car il augmente les risques de conflits entre pays dotés de l’arme nucléaire. La croissance actuelle, parce qu’elle est très inégale et très inégalement répartie, exacerbe les tensions entre les pays. Une minorité aura consommé en un siècle ce que la nature à mis des millions d’années à produire (exemple du pétrole). Le risque de conflits majeurs n’est pas à écarter si le fossé qui sépare les pays développés des autres ne tend pas à se résorber, ce qui n’est pas le cas pour le moment, à de rares exceptions près. La croissance ne répond pas toujours à ses « devoirs ».

Un taux de croissance élevé (du PIB) n’est donc pas forcément synonyme de développement du bien-être collectif et du progrès social. Il faut cependant dire et répéter que la croissance des richesses produites est un formidable levier pour améliorer le sort de tous. Mais cela ne se fait pas sans des choix politiques qui disent clairement comment la croissance doit être utilisée ou au service de quels idéaux collectifs elle doit être mise. Il ne faut donc pas avoir le fétichisme du chiffre : 2% de croissance qui profite à tous, c’est peut-être mieux que 3% accaparés par quelques uns.

La décroissance : un nouveau courant de pensée. Toutes ces limites de la croissance mettent en évidence la nécessité de trouver un nouveau processus de développement, une nouvelle sorte de croissance car une croissance infinie ds un monde fini n’est pas possible. Se développe donc ces dernières années une toute nouvelle notion de « décroissance ». La « société de croissance » selon S.Latouche dans le pari de la décroissance, conduit à une « mort par asphyxie » précédée de l’explosion des inégalités à l’échelle de la planète, « le 1% le plus riche » gagnant « autant que les 40% les plus pauvres ». Les partisans de la décroissance dénoncent «  l’hubris » : la démesure, l’absence de limites à l’accumulation des richesses et du pouvoir, qui est selon eux propre à l’homme occidental et qui prend la forme d’une croissance illimitée du PIB, d’une recherche de la croissance « pour la croissance ». Selon S.Latouche, ce qu’il faut, ce n’est donc pas la récession, ni une croissance négative mais simplement retrouver « le sens de la limite ». Les partisans de la décroissance plaident donc en la faveur de nouveaux comportements, de nouveaux modes de consommation (recyclage, économies d’énergie). C’est ici à l’Etat d’encadrer le marché et de faire en sorte de modifier les comportements. (Doc 5)


La politique française menée par le Gouvernement de M. Fillon a pour objectif d’atteindre un niveau de croissance plus élevé. En effet, nous avons vu que la croissance avait des effets bénéfiques sur le développement de la société et son économie. Néanmoins, celle ci est également source de dysfonctionnements comme le réchauffement de la planète ou les inégalités internationales et intranationales. La recherche de croissance constante ne serait donc pas la meilleure solution. De plus, est-ce simplement possible ? Une croissance infinie dans un monde fini n’est pas possible ; et selon de récentes estimations, l’une des principales sources d’énergie, le pétrole viendrait à manquer vers les années 2050. Face à ces inconvénients de la croissance se développe un nouveau courant de pensée qui propose une croissance différente afin de prendre en compte les failles de la croissance et de les résoudre.

Dans la même logique de disparition des ressources par l’exploitation abusive, on observe un problème qui paraît bien plus essentiel qu’une baisse de la croissance. En effet le manque d’eau pourrait se révéler bien plus tragique pour l’humanité qu’un « simple problème économique ».



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