



Source : "Des perspectives alléchantes dans un pays exsangue" . Article du supplément économique du journal Le Monde du mardi 18 septembre.
Cuba, modèle communiste par excellence démontrerait-elle que le modèle capitaliste n’est pas un système obligatoire pour avoir une bonne croissance et donc un bon développement ?
Cuba se présente comme un pays socialiste, une république parlementaire où le parti communiste cubain, fondé le 2 octobre 1965, est le seul parti reconnu par la constitution.
Le chef d’Etat provisoire, Raul Castro, a annoncé le 30 août 2007 des "changements structurels". Mais le vice-président Carlos Lage a bien fait comprendre qu’il rejetait toute réforme favorable à l’économie de marché.
Cuba préserve donc l’Etat-Providence sous sa forme la plus élaborée. Et selon les statistiques cubaines cela leur réussit puisqu’ils affirment que leur croissance est de 12,5% en 2006, plus que la Chine. L’île a réussit à faire du commerce avec les Etats-Unis malgré l’embargo qui pèse depuis 1962, Les USA lui fournissant 6,2% de ses produits importés.
Cuba produit 68 000 barils de pétrole par jour contre 18 000 en 1992. De plus les réserves inexploitées s’élèveraient à 5 milliards de barils de pétrole.Ce qui permettrait à Cuba de subvenir à sa consommation (elle importe près de 100 000 barils de pétrole vénézuélien) et de devenir un pays exportateur.
Alors, avec une pareille croissance et un discours politique socialiste le dévelopement humain devrait être conséquent. En effet, certains spécialistes de l’île voient Cuba comme une "mini Inde", "une future plate-forme régional de services à forte valeur ajoutée. Cette affirmation repose sur le taux d’alphabétisation très fort, 99,8% (plus que l’Italie ou l’Espagne), particulièrement pour un pays en développement qui est généralement de 78,9%. De plus l’IDH s’élèverait à 0,826 en 2004, se plaçant au 50ème rang mondial et dépassant largement la moyenne de l’Amérique latine et des Caraïbes qui est de 0,795. En effet, l’Etat consacre 19,4% de son budget à l’éducation et développe les secteurs des biotechnologies et des sciences informatiques.
Cuba semble donc être un modèle d’altermondialisme au développement réussi. Mais soyons réalistes, cela se saurait si un pays tendant vers l’Idéal avait vu le jours.
Pour cet état dictatorial il n’est pas difficile de donner l’illusion de la réussite. Sur bien des points le développement de Cuba n’est pas achevé et peut être que si sa croissance était aussi forte qu’annoncée cela aiderait.
En fait, les chiffres de 12,5% de croissance n’ont été validés par aucune source internationale. La communauté internationale la situerait plutôt entre 5,5% et 8%.
Les deux principales sources de devises étant le tourisme et les "remesas" ( ces fonds envoyés par les exilés à leurs familles), une croissance très forte semble difficile sans ces réformes du système économiques attendues, comme la privatisation de certaines entreprises d’Etat.
Le déficit commercial approche les 7 milliards de dollars, un record historique, et Cuba possède déjà des dettes : de 26,7 milliards de dollars envers l’ex-Union soviétique et de 13 milliards de dollars envers l’Occident qui n’est plus remboursé depuis 1986.
Un développement humain fort nécessitant une bonne croissance, on se doit de le remettre en question pour Cuba après ce que l’on a pu étudier.
Au cours d’une conférence de l’ONU à la Havane en 2005 le gouvernement a reconnu un déficit de 500 000 logements, et que la moitié du parc immobilier existant était en mauvais état ; puis, en juin 2006, les autorités ont admis que 1,7 millions de Cubains n’avaient pas d’eau courante.
Cuba a donc encore beaucoup d’efforts à fournir mais, d’autant plus depuis les déclarations du Gouvernement de l’Etat provisoire, elle semble sur la bonne voie. L’ouverture aux compagnies étrangères de la prospection pétrolière au large des côtes de Cuba permet de croire à l’affirmation du journaliste : "Des perspectives alléchantes dans un pays exsangue".
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