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Evolution du salaire minimum

jeudi 1er septembre 2016 par deborah0909

Deborah BOURGEOT, 1ère ES2, 2013-2014

Présentation du document

Le document statistique s’intitule "Evolution du salaire moyen et du salaire minimum". Il est produit par l’Insee, l’institut national de la statistique et des études économiques. Les données sont donc fiables.

L’étude porte sur les salariés du secteur privé et semi-public (y compris les apprentis et stagiaires) en France. Notre analyse portera davantage sur l’évolution du salaire minimum (SMIC).

Le salaire minimum, apparenté au SMIC (salaire minimum interprofessionnel de croissance), est le salaire horaire minimum légal en France métropolitaine ainsi que dans les départements d’outre-mer (Dom) et dans la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon. En 2014, le SMIC horaire brut en euros est de 9,53.

Le salaire moyen est calculé en prenant en compte tous les postes de travail des salariés (y compris les postes à temps partiel).

Les euros constants sont les euros en valeur réelle c’est-à-dire corrigés de la variation des prix par rapport à une donnée de base ou de référence.

Ce document est un graphique, avec en abscisses les années de 1950 à 2005, et en ordonnées des indices base 100 en 1951.

On apprend par exemple que, selon l’Insee, si le salaire minimum en France avait été de 100 euros constants en 1951, il aurait été de 300 euros constants en 1995.

Finalement, ce document nous renseigne sur l’évolution du salaire moyen et du salaire minimum, avec représentation de la transition entre 39h et 35h hebdomadaires pour le SMIC, entre l’année de sa création 1950, (autrefois appelé SMIG), et 2005.

Description des faits

Fait principal

On observe qu’entre 1950 et 2005, le salaire minimum pour 39h hebdomadaires a augmenté de 250% (Taux de variation (en %) : (VA-VD) / VD * 100 = (350-100) / 100 * 100 = 250), puisqu’il est passé de l’indice 100 à l’indice 350.

Le salaire minimum pour 35 heures hebdomadaires instaurée par les lois Aubry de 2000, a augmenté entre 2000 et 2005 d’environ 12% ( en imaginant à partir de 1950, il aurait augmenté de 225%).

Le salaire moyen ayant été multiplié par 3,5 entre 1950 et 2005 reste supérieur au SMIC sur toute la période.

Les deux salaires connaissent à peu près la même évolution.

Faits secondaires

On peut distinguer différentes périodes.

On constate que, de 1955 à 1965, le SMIC pour 39 heures hebdomadaires n’évolue pas ou très peu.

Entre 1970 et environ 1982, le salaire minimum connaît une hausse incroyable d’environ 63%.

De 1982 à 1995, le SMIC connaît une très faible croissance de seulement 5%.

Le salaire minimum pour 35 heures hebdomadaires augmente quant à lui de 12 % de 2000 à 2005.

Analyse

L’objectif du Smig (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti), crée en 1950, est de laisser aux employeurs la liberté de fixer les salaires tout en instaurant un salaire minimum, un salaire plancher dû à tout salarié.

A partir de 1952, le salaire minimum est indexé sur l’inflation. La guerre de Corée de 1950 déclenche une augmentation brutale du prix des matières premières. L’inflation de 16% pousse le gouvernement Pleven, à la demande des syndicats, d’adopter l’idée d’une "échelle mobile des salaires" qui indexe le Smig sur la hausse des prix.

A chaque fois que l’évolution des prix dépasse 5%, le Smig est ajusté, ce qui ne lui permet pas d’augmenter durablement. Cependant, le taux est ramené à 2 % en 1957, afin d’atténuer l’effet inflationniste provoqué par les hausses du Smig .

En 1970, le SMIG devient le SMIC. Cet abandon du G de "garantie" pour le C de "croissance" est un changement de conception. Le Smig devait permettre aux salariés de disposer d’un minimum vital. Désormais, le Smic vise à aider le salaire minimum à rattraper son retard sur le salaire moyen des Français qui est beaucoup plus élevé. Il est doté d’un nouveau mode de calcul qui prend en compte, en plus de l’inflation, le salaire moyen ce qui fait croître le montant du Smic formidablement en quelques années.

En 1982, François Mitterrand décide de casser la forte inflation française en imposant un blocage des salaires et des prix pendant plusieurs mois. La hausse des salaires n’est plus indexée sur les prix mais sur un taux d’inflation prévu par la gouvernement ce qui explique que le Smic connaît une très faible croissance ( donc un ralentissement du pouvoir d’achat des salariés payés au Smic).

Cependant, un coup de pouce est redonné au Smic par la politique d’allégements de charges accordés par le gouvernement pour l’emploi des salariés payés au Smic, à partir des années 90.

En 2000, les lois Aubry instaurent la réduction du temps de travail : 35 heures payées 39 pour tous les salariés, y compris ceux payés au SMIC, sauf pour les PME (petites et moyennes entreprises) de moins de vingt salariés. La part de ces entreprises est la plus importante en France ce qui peut expliquer que le salaire minimum pour 35 heures reste inférieur à celui pour 39 heures.

Cependant, ces lois entraînent une hausse du Smic horaire. De plus, les entreprises ne sont pas tenues de passer aux 35 heures en même temps. On se retrouve ainsi avec cinq Smic différents. Les salariés payés au Smic ne touchent donc pas le même salaire.

La hausse du Smic à cette époque peut être également expliqué par la loi Fillon de 2002 qui établit un retour progressif à un Smic unique. Les différents Smic bénéficient donc de fortes hausses jusqu’en 2005, mais à des taux différents.

Finalement, tous les Smic ont rejoint un montant commun le 1er juillet 2005, à 8,03 euros pour le Smic horaire et continue d’augmenter progressivement les années suivantes.

P.-S.

tb



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