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Un système scolaire sur le déclin

vendredi 2 septembre 2016 par Lilia GHAZOUANI, 1ES2, 2013

Lilia Ghazouani, RES3, 2013/2014

Présentation des documents

Ce document s’intitule « évolution de la dépense intérieure d’éducation et de sa part dans le PIB ». Il est tiré du hors série n°94 de la revue Alternatives Économiques, ses sources réelles étant Ministère de l’Éducation Nationale de la Jeunesse et de la Vie Associative, la Direction de l’Évaluation de la Performance Prospective Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, DFSIP, la Direction Générale de la Recherche et de l’Innovation, et le Syndicat Indépendant de l’Enseignement Secondaire. Le Produit Intérieur Brut est l’indicateur des richesses produites par les unités résidentes d’un pays au cours d’une période donnée.
C’est un graphique double, avec en abscisse les années de 1980 à 2010, et en ordonnées d’un côté, la part de la dépense intérieure d’éducation dans le PIB, en %, et d’un autre, le PIB en milliards d’euros de 2010. Il est composé d’une courbe représentant l’évolution de la dépense intérieure d’éducation et d’un diagramme pour sa part dans le PIB. En 1991, les dépenses nationales d’éducation s’élèvent à 90 milliards d’euros déflatés prenant pour référence l’année 2010. De plus, si cette année là, les richesses produites avaient été de 100 euros de 2010, la dépense intérieure d’éducation aurait été de 7 euros.

L’objet de ce document est l’évolution comparée de la dépense intérieure d’éducation et de sa part dans la production de richesses, en France, de 1980 à 2010.

Description des faits

Faits principaux :

(138-70)/70*100= 97,1 %

En France, si la dépense intérieure d’éducation avait été de 100 euros de 2010, en 1980, elle aurait été de 197,1 euros en 2010. Sur 30 ans, elle a presque doublé.

7-6,5=0,5 point de pourcentage

En France, de 1980 à 2010, la part de la dépense intérieure d’éducation dans le PIB a augmenté de 0,5 points de pourcentage.

Faits secondaires :

Les dépenses de l’État dans l’éducation ne font qu’augmenter de 1980 à 2010. La présentation de faits secondaires est alors judicieuse si l’on périodise l’évolution de sa part dans le PIB.

1980-1995 : 7,6-6,2=1,4 points de pourcentage
1995-2010 : 7-7.6= -0.6 point de pourcentage

On constate une forte progression de la part de la dépense intérieure d’éducation dans le PIB, de 1980 à 1995, de 1,4 points de pourcentage. Mais sur 15 ans, de 1995 à 2010, une chute importante s’effectue : -0,6 points de pourcentage alors que comme on la vu précédemment, la somme dépensée par l’État dans l’éducation ne cesse de croître (qu’est-ce que cela signifie ?)

III.Analyse

« Un pays qui croit en son avenir est un pays qui investit dans son éducation ». Le propos de l’ex-ministre de l’éducation Luc Chatel apparaît paradoxal quand on connaît la forte chute de la part de la DIE (dépense intérieure d’éducation) dans le PIB, ces quinze dernières années bien que son montant ne cesse d’augmenter.

En effet, le secteur d’éducation a été le plus touché par la Révision Générale des Politiques Publiques qui, mise en place en France en 2007, donne comme objectif : « diminuer la dépense publique tout en renforçant l’efficacité et la qualité de l’action publique » . Un but honorable mais cependant loin d’être atteint lorsque cette politique demande le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, et a supprimé 1500 classes en 2011 alors qu’un baby-boom et de fait une hausse du nombre d’élèves se font sentir depuis le début des années 2000. De plus, on assiste à une diminution des mesures de soutien mises en place dans les écoles, collèges et lycées et l’accueil des enfants de moins de deux ans à la crèche a été supprimé.

A terme, ces mesures augmenteront le nombre d’élèves par classe. Ajouté à une baisse de l’investissement dans ce domaine, un fléchissement de la qualité du système scolaire est possible, un fait problématique lorsqu’on sait que déjà aujourd’hui 20% des élèves sont touchés d’échec scolaire. Le système éducatif français, élitiste et inégalitaire, est très critiqué et bien bas dans les classements internationaux dans lesquels son voisin allemand se trouve bien mieux placé.

Un système scolaire sur le déclin donc, trop fortement touché par les restrictions budgétaires, peut être une réelle source d’inquiétude en ces temps de crise, car pour Angel Gurría, Secrétaire général de l’OCDE : « les pouvoirs publics doivent axer leurs efforts sur les mesures en faveur des jeunes, plus particulièrement des jeunes moins qualifiés, les plus exposés au risque de bas salaire. Ils doivent avoir pour priorité de réduire le taux d’abandon scolaire et d’investir dans une éducation axée sur les compétences, où le monde du travail est pleinement intégré à l’enseignement ». Des objectifs dont la France est bien loin, car pour l’instant les enjeux d’éducation se trouvent dans la réforme des rythmes scolaires et de la carte scolaire, où l’Etat reste peu soutenu par ces citoyens. En effet d’après une enquête réalisée par la PEEP (fédération des parents d’élèves de l’enseignement public), 68% des parents d’élèves seraient contre le passage de la semaine à 4 jours et demi.

Le chantier du système scolaire s’annonce vaste et laborieux, ce qui présage mal l’avenir de la réussite française en ses temps difficiles.

P.-S.

TB. 19



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